Face aux sanctions américaines, Huawei veut s’affirmer comme une solution alternative à Google...

Lors de sa visioconférence de rentrée, lundi, le mastodonte technologique chinois a mis l’accent sur le développement de sa plate-forme d’applications afin de contrer ses concurrents américains.


Alors que 2020 se présentait sous les meilleurs auspices, avec un retour attendu de la croissance, voilà que rien ne se passe comme prévu pour les fabricants de smartphones. L’apparition de l’épidémie de coronavirus, en Chine, a assombri les perspectives de ce début d’année. Elle est également à l’origine de l’annulation du Mobile World Congress de Barcelone, où sont traditionnellement présentées une bonne partie des nouveautés de l’année en matière de produits.

C’est donc sous forme de vidéoconférence que Huawei a organisé, lundi 24 février, sa conférence de rentrée et de présentation de ses nouveaux appareils. Si la marque chinoise a bien levé le voile sur son dernier modèle – le Mate XS, un appareil pliable haut de gamme proposé à près de 2 500 euros –, ce n’était pas le principal enjeu de ce rendez-vous.


Un péril plus grand que le coronavirus, qui d’ailleurs l’a jusque-là peu affecté, plane sur le numéro un chinois des télécommunications. Placé sur liste noire par les autorités américaines en raison de menaces de cybersécurité, le géant de Shenzhen est désormais contraint de se passer de la suite d’applications de Google (le magasin d’applications Google Store, la messagerie Gmail, le service de cartographie Google Maps, etc.) sur ses produits. Un handicap majeur pour une marque qui, il y a un an encore, ambitionnait de ravir au sud-coréen Samsung le titre de premier constructeur mondial.

Richard Yu, le patron de la division mobile du groupe, s’est longuement étendu sur l’AppGallery, le magasin d’applications de Huawei, désormais érigé en priorité de l’entreprise. Le numéro deux mondial des smartphones entend s’affirmer comme une réelle solution alternative à Google et à Apple sur le terrain des services, en attirant les développeurs sur son magasin d’applications. « On y a été forcés », explique Alex Huang, le patron de Huawei en France.