La 5G cancérigène, une hypothèse aujourd’hui démentie

L’arrivée de la 5G soulève une nouvelle fois l’hypothèse de l’aspect cancérigène des émissions de radiofréquence. Au risque de faire passer des doutes pour des réalités.



Quel point commun peut-on assimiler aux légumes marinés asiatiques, à la plante Aloe vera, ainsi qu’aux radiofréquences de nos smartphones ? Tous les trois font partie de la classification « peut-être cancérigène », du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette étiquette met aujourd’hui vent debout de nombreuses personnes, alors que le réseau 5G se déploie petit à petit à travers le monde.

La crainte cancérigène du déploiement de la 5G

Alors que la Corée du Sud informait avoir dépassé le million d’abonnés au réseau 5G au début du mois de juin dernier, la cinquième génération du réseau se déploie plus doucement dans le reste du monde. En France, l’ARCEP souhaite ainsi voir les opérateurs proposer une infrastructure adéquate dans les grandes villes d’ici 2021. Chez Apple, tous les iPhone en 2020 pourraient être équipés de modem 5G, et un MacBook 5G pourrait être présenté l’année prochaine également.

Ainsi, le réseau et son débit en hausse exponentielle sera disponible bientôt. Mais pour de nombreux utilisateurs, son arrivée causerait des effets néfastes, notamment au chapitre de la santé. Déjà avec la 3G et la 4G, certains réticents avertissaient sur le fait que les radiofréquences émises seraient cancérigènes. Au cœur des craintes, les émissions d’ondes aux fréquences de plus en plus élevées, qui pénétreraient dans le corps et notamment le cerveau.

Une étude trompeuse sur le rayonnement électromagnétique

De plus en plus populaire, surtout sur les réseaux sociaux, la théorie s’appuie sur une étude datant de l’an 2000 et publiée par le physicien Bill P. Curry, comme l’indiquait le New York Times. Selon ses recherches, le scientifique déclarait que « des ondes électromagnétiques à haute fréquence causeraient un cancer du cerveau à ceux qui y étaient exposés », en illustrant ses propos par un graphique que voici :



Cette courbe indiquerait le niveau d’absorption des ondes dans le tissu cérébral. Plus la fréquence est élevée, plus ces émissions pénétreraient dans notre cerveau, avec les effets néfastes mentionnés.

Sauf que depuis, l’étude a été démentie. Dans ses recherches, Bill P. Curry ne prenait en effet pas en compte l’importance de la présence de la peau, permettant de protéger nos organes contre ces radiations « non ionisantes », c’est-à-dire aux fréquences basses de types radiofréquence, micro-ondes et infrarouges, et à celles inférieures à la fréquence de la lumière visible. Or notre peau est par nature opaque à la lumière, donc également opaque aux autres rayonnements, dont les radiations ionisantes (rayon UV, rayons X, rayons gamma) et celles aux fréquences bien plus élevées.

Mais alors, pourquoi la 5G est-elle « peut-être cancérigène » ?

Pour de nombreuses associations, l’arrivée de la 5G se montrerait néfaste du fait que le CIRC et l’OMS définissent les radiofréquences comme « peut-être cancérigènes ». Pourtant, cette classification est à expliquer, tant elle est justement mentionnée pour indiquer l’absence – à ce jour – « d’élément de preuve significatif d’effets néfastes pour la santé ».

La science découvre en observant. Or, il est toujours difficile de prouver l’absence de quelque chose hors de tout doute. De ce fait, en l’absence de preuve concise, cette étiquette restera toujours présente, animant encore les débats sur des hypothèses en aucun cas réalité.

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